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Les fourmis du Québec par Dominic Ouellette entomologiste

Dominic Ouellette, technicien entomologiste
Dominic Ouellette

Dans cette conférence, Dominic Ouellette, technicien entomologiste, vous fera la description de la myrmécofaune du Québec avec un accent sur les espèces possiblement nuisibles pour l’homme.

Cette conférence comprend différents aspects tels que les techniques faciles d’identification des espèces, les comportements spécifique et détailles biologique des espèces possiblement néfaste pour l’homme.

Mr Ouellette est le créateur et responsable de la collection scientifique de fourmis du «Ant Lab» du Dr. Abouheif à l’Université McGill. Il a aussi écrit des articles et participé en 2016, à un documentaire à Télé Québec intitulé Le monde merveilleux des fourmis vu par un passionné

il fait au congrés del’AQGP  un exposé sur les espèces de fourmis existantes au Québec, leur comportement, leur caractéristique, leur génétique et leur évolution.

Nous tenons à remercier Alexanderwild.com de nous avoir autoriser à utilisé les images exceptionnelles de fourmis.

L’arbre génétique des fourmis et des sous-familles de formicidae

Copyright et gracieuseté de www.alexanderwild.com

Au Québec il existe 5 sous-familles, 26 genres et 110 espèces, cette donnée est à rapprocher à celle qui concerne  le monde, où l’on trouve 21 sous-familles, 334 genres et 15916 espèces

Dominic Ouellette nous présente les différentes espèces et familles de fourmis décrites selon leurs caractéristiques

Les différentes espèces de fourmis au Québec

Amblyoponninae

 (1 espèce et 1 genre au Québec – 9 genres et 139 espèces dans le monde)

leur pétiole est très largement attaché au 3e segment abdominal, les yeux des ouvrières sont petits ou absents et leur aiguillon est présent et fonctionnel.

Ponerinae

(2 genres et 2 espèces au Québec – 47 genres et 1210 espèces dans le monde)

Un pétiole très large et détaché, une constriction présente entre les segments abdominaux 3 et 4

et un aiguillon (dard) présent et fonctionnel

Hypoponera punctatissima

Espèces généralement cosmopolites, d’origine tropicale ou subtropicale, qui peuvent subsister, prospérer et se reproduire dans les régions tempérées grâce aux climats favorables des édifices chauffés. (Francoeur, A. « Les fourmis nuisibles au Québec »)

Dolichoderinae

(2 genres et 6 espèces au Québec)

Pétiole généralement orienté vers l’avant, parfois sous l’abdomen l’apex de l’abdomen a un orifice en forme de fente, plutôt qu’un acidopore, on distingue bien la glande anale

Tapinoma sessile – Fourmi odorante des maisons 

Extermination de fourmisPolygyne, elle construit des nids satellites et périphériques qui abritent des colonies de 100 à 10000 ouvrières.Cette espèce est très compétitive ! (Voir photo combat entre deux fourmis)

Tapinoma melanocephalum – fourmi fantôme

Copyright et gracieuseté de www.alexanderwild.com

Polygyne, elle aussi installe des nids satellites et périphériques, elle présente près des plantes dans les jardins botaniques. Elle propage des maladies et leur éradication pratiquement impossible !

Solenopsis molesta – Fourmi voleuse

La voleuse porte ce nom parceque elle installe ses fondations près d’une autre colonie

Polygyne, ces colonies sont énormes, souvent supérieure à 10.000 ouvrières

Elles sont principalement insectivore (donc cannibale!)

Identification : on la repère à la grande taille de leurs yeux, une forte pilosité, et leur massue antennaire (2 segments/3 segments)

Comportement : formation de lignes parsemée et continue, présence et taille des reines 3 fois plus grande, alimentation favorite est insectes et sucre.

Et d’autres espèces de fourmis

  • Camponotus (Mayr, 1861) – nuisance fréquente
  • Lasius (Fabricius, 1804) – nuisance fréquente
  • Formica (Linnaeus, 1758) – nuisance occasionnelle
  • Paratrechina (Motschoulsky, 1863) – nuisance introduite

Les fourmis du genre Camponotus

Camponotus herculeanus

charpentière hercule (Linnaeus 1758)

Composé de reine ailée, de mâle, d’ouvrières et de soldat

Camponotus novaeboracensis

Charpentière rouge (Fitch 1855)

Camponotus pennsylvanicus

Charpentière noire (De Geer, 1773)

Camponotus americanus

Charpentière américaine (Mayr, 1862) . Voir les articles du blogue à son sujet, dévastatrice des charpentes en Amérique du Nord.

Genre Formica

(Linnaeus, 1758)

Il existe 6 sous-genres de fourmis au Québec

  • Groupe : Exsecta (nuisance fréquente)
  • Groupe : Fusca (nuisance fréquente)
  • Groupe : Neogagates (semi arboricole parasite)
  • Groupe : Pallidefulvas (semi arboricole parasite)
  • Groupe : Rufa (esclavagiste)
  • Groupe : Sanguinea (esclavagiste)

Groupe : Fusca – Formica subserricea

(Say, 1836)

Niche dans les milieux ouverts, elle est problématique pour les jardins et ne niche pas dans les maisons

Aussi:

Lasius alienus (Foerster, 1850)

 

Copyright et gracieuseté de www.alexanderwild.com

Lasius neoniger (Emery, 1893)

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Lasius niger (Linnaeus, 1758)

 

Lasius niger
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Lasius niger, fourmi noir commune de jardin.

Lasius pallitarsis (Provancher, 1881)

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Une fourmi travailleuse qui nourrit de carcasses de moucherons des larves affamées dans le nid en larve

Genre Paratrechina (Motschoulsky, 1863) 

Fourmi de pavé (genre des Formicidae)

Importé de l’Europe la fourmi de pavé a pris possession des villes. La fourmi de pavé est très active au Québec. Elle creuse le terrain et l’asphalte. Elle niche souvent à l’extérieur, dans les fissures des trottoirs, entre les dalles de pavé ou en bordure des patios.

Pour se débarrasser des fourmis, il existe des produits insecticides mais également des solutions alternatives plus naturelles. Il existe une espèce de mouche qui pond des œufs sur la fourmi et dont les larves mangent le cerveau de la fourmi.

Nous passons ensuite à d’autres sous genre fourmis…

Myrmicinae

(16 genres et 48 espèces au Québec – 142 genres et 6598 espèces dans le monde)

elle montre un pétiole et post pétiole en forme de nœud son aiguillon est présent chez plusieurs espèces.

Les fourmis pharaons

(3 espèces introduites au Québec)

  • Monomorium florica
  • Monomorium minimum : Une colonie de petites fourmis noires, avec plusieurs reines.

    Copyright et gracieuseté de www.alexanderwild.com
  • Monomrium pharaonis – Fourmi pharaon

Présentes dans les jardins botaniques ce sont des espèces envahissantes cosmopolites

Polygynes, leurs colonies sont énormes supérieures à 10.000 ouvrières, elles se déplacent en formation de lignes (glandes de Dufour)

Genre fourmi Myrmica

La Myrmica est une fourmi commune dans les régions tempérés, boréal et de haute altitude de l’hémisphère nord. Les fourmis myrmicines sont très omniprésentes et elles sont en générales des prédateurs et des charognards. L’Eurasie et l’Amérique du Nord contiennent des dizaines d’espèces morphologiquement similaires qui sont très difficiles à identifier.

18 espèces au Québec et nuisances occasionnelles et nuisances introduites

Myrmica rubra – European fire ant (Linnaeus, 1758)

elles vivent en milieu ouvert et forestier, c est une espèce qui peut piquer !

Linepithema humile – Fourmi d’Argentine (Mayr, 1868)

Solenopsis invicta – Fourmi de feux (Buren, 1972)

Originaires du Brésil, les fourmis de feu ont gagné du terrain sur les parties du globe où le  climat leur est favorable. Ainsi on retrouve de nombreuses colonies au sud des États-Unis mais aussi aux Philippines, en Australie ou encore en Chine là où la température ne baisse pas trop l’hiver. Une invasion néfaste pour l’homme mais aussi les espèces locales.

En savoir plus :

Voilà ce qui se passe réellement lorsqu’une fourmi de feu pique

La fourmis de feu, la Solenopsis Invicta
Copyright © par Gentside Découverte

Polygyne

Nids très envahissants pouvant atteindre jusqu’à 45 cm, les colonies peuvent atteindre  de 100.000 à 250.000 espèces d’individus.

Attention, cette espèce pique, on rapporte 14 millions de piqûre par an aux USA

Injection du venin (Isosolenopsin A) entraîne une pression sanguine (-42,96 %), des battements cardiaques (29,13 %) pouvant entraîner un arrêt cardiaque ou un arrêt respiratoire jusqu’à la mort.

Une anecdote incroyable :

Dans certaines tribus d’Amazonie, subir la piqûre d’une fourmi Paraponera clavata nommée  « Balle de fusil » est un rite initiatique pour passer à l’état adulte. Ces fourmis piqueuses sont redoutables par leur agressivité et leur venin (composé de ponératoxine, un peptide neurotoxique et d’acide formique) provoque une douleur insupportable pouvant entraîner la mort.

Fourmis Paraponera clavata nommée « Balle de fusil »

La piqûre d’insecte la plus douloureuse, la Paraponera Clavata « Balle de fusil »

Si vous avez des questions vous pouvez contacter Dominic Ouellette McGill Université – Department de biologie

  • Stewart Biological Sciences Building
  • 1205 Docteur Penfield
  • Bureau N3/6
  • Montréal, Québec, Canada H3A 1B1
  • Par mail : dominic.ouellette@gmail.com

Ou par téléphone : 1(819) 690-6384

Vous pouvez aussi lui envoyer des photos de fourmis qui ont envahi votre maison ou votre jardin ou faire des

Voir les autres conférences de l’AQGP 2016

 

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